L’histoire du Liechtenstein en tant que principauté remonte au
23 janvier 1719 lorsque l’empereur Karl VI unifia la seigneurie de Schellenberg et le comté de Vaduz.
L’Empereur érigea ces territoires en principauté d’Empire. Le pays prit le nom de Liechtenstein, nom
de la dynastie régnante. La Principauté de Liechtenstein devenait ainsi le 343e État du Saint-Empire
romain germanique. En 1699, le Prince Johann-Adam Ier
avait racheté la seigneurie de Schellenberg, alors possession immédiate de l’Empire, au comte de Hohenems,
fortement endetté. Son objectif était d’obtenir par ce biais un siège et une voix au Conseil des Princes,
car pour pouvoir être admis au sein de cette institution, il fallait posséder un territoire jouissant
de l’immédiateté impériale. En 1712, il acquit également le comté de Vaduz, le territoire seigneurial
de Schellenberg étant trop petit pour lui permettre de siéger au Conseil des Princes. En réunissant
ces deux territoires et en créant ainsi la Principauté de Liechtenstein, les Princes de Liechtenstein
obtinrent enfin, ce à quoi ils aspiraient depuis si longtemps, et firent leur entrée au Conseil. Mais
l’histoire du pays remonte à des temps beaucoup plus anciens. Les découvertes archéologiques témoignent
d’un peuplement remontant au paléolithique supérieur. Le pays est situé à la croisée des chemins entre
la route alpine nord-sud et la route est-ouest des migrations. Les inselbergs de la vallée du Rhin,
la colline sur laquelle trône le château de Balzers au sud et l’Eschnerberg au nord sont peuplés depuis
le paléolithique supérieur. Certains noms de lieux nous permettent de penser que les Celtes, puis les
Rhètes colonisèrent le territoire actuel du Liechtenstein. Lorsque les Romains soumirent les Rhètes
en l’an 15 av. J.-C., la Rhétie, dont faisait partie le territoire du Liechtenstein, devint province
romaine. Les vallées prirent une importance particulière, les Romains y construisant leurs routes militaires
et commerciales. Un fort érigé par les Romains au IVe siècle pour se protéger contre les attaques des
Alamans et d'autres vestiges tels que les ruines de villas romaines ou des pièces de monnaie témoignent
de la densité de la colonisation, relativement importante pour l'époque. Les Alamans qui repoussèrent
les Romains au Ve siècle, s’installèrent ensuite dans la région. Sous
le règne de Charlemagne, avec la centralisation du pouvoir impérial, la Rhétie devint un comté. Le comté
de Vaduz naquit en 1342 à la suite d’un partage de succession. Le comte Hartmann III s’installa au château
de Vaduz qui devint alors la résidence des suzerains. L’immédiateté impériale lui fut octroyée par le
roi Wenceslas en 1396 par acte écrit, une étape décisive pour l’avenir du territoire. La partie nord
du pays, appelée aujourd’hui le Unterland, appartenait aux seigneurs de Schellenberg. Dans la première
moitié du XVe siècle, les barons de Brandis natifs de l’Oberland bernois acquirent les deux territoires.
Trois guerres marquèrent le XVe siècle, la guerre d’indépendance de l’Appenzell, la guerre de Zurich
et la guerre de Souabe, apportant d’une part misère et souffrance et d’autre part un changement de suzerain,
le territoire passant en la possession des comtes de Sulz et de Hohenems qui s’endettèrent au point
de devoir revendre Vaduz et Schellenberg aux Princes de Liechtenstein. Violence
et misère frappèrent également le territoire pendant les guerres napoléoniennes. La France révolutionnaire
voulait répandre dans toute l’Europe ses idéaux de liberté, égalité et fraternité. Les Princes allemands,
qui voyaient l’absolutisme menacé, combattirent les Français. Le Liechtenstein fut occupé en 1794 par
les troupes impériales. En 1799, les Français pénétrèrent sur le territoire et assiégèrent la ville
de Feldkirch. La même année, les débris de l’armée russe dirigée par le général Suworow sillonnèrent
le pays et la population déjà très pauvre n’arrêtait pas de souffrir. Après la paix de Presbourg en
1805, Napoléon convainquit plusieurs Princes allemands de se détacher du Saint-Empire et de fonder la
Confédération du Rhin. Le 12 juillet 1806, 15 princes signèrent le traité créant la Confédération du
Rhin et marquant la fin du Saint-Empire romain germanique. Parmi les membres fondateurs de la Confédération
se trouvait le Prince Johann 1er de Liechtenstein. En entrant dans la Confédération du Rhin, les princes
obtenaient la souveraineté de leur territoire. Bien que le Prince Johann 1er n’ait pas signé le traité
créant la Confédération du Rhin, car il était alors général autrichien, le Liechtenstein obtint formellement
la souveraineté de l’État conservée jusqu’à nos jours. La
souveraineté des princes allemands fut reconnue officiellement au Congrès de Vienne de 1815. La nouvelle
Confédération germanique regroupait 39 États indépendants, dont la Principauté de Liechtenstein. Lorsque
la Confédération germanique fut dissoute en 1866 après la guerre austro-prussienne, le Liechtenstein
resta à l’écart des événements en raison de sa situation géographique et put ainsi garder sa souveraineté.
La Confédération du Rhin avait accordé au Prince tous les droits de souveraineté, permettant ainsi à
l’absolutisme de faire son entrée dans la Principauté. Le Prince Johann 1er considérait que le régime
politique et l’évolution économique du Liechtenstein n’étaient plus actuels. Sans se préoccuper de l’avis
du peuple et de sa résistance, il commença à engager des réformes. En 1808, le Prince promulgua un arrêté
révoquant la Constitution. Il engagea également une réforme financière et une réforme agraire. L’école
obligatoire fut introduite en 1805. Après 1808, de nouvelles lois telles que le Code civil et le registre
foncier furent édictées dans le cadre d’une réforme juridique et le servage fut aboli. Pour entrer dans
la Confédération germanique, il fallait avoir une Constitution se fondant sur les trois états. Le Prince
Johnann 1er en instaura donc une en 1818. Mais le Liechtenstein n’ayant ni noblesse, ni tiers état,
les « états » se limitaient au clergé assisté des maires et des caissiers des communes. La diète qui
ne siégeait en règle générale qu’une fois par an, était appelée Landtag, nom qu’elle conserva et qui
est aujourd’hui celui du Parlement. La révolution de
1848, ne fut pas non plus sans laisser de traces au Liechtenstein. Les états et les communes rédigèrent
une pétition pour demander au Prince une nouvelle constitution, l’élection libre des représentants du
peuple et le droit de participer à l’élaboration des lois. Le peuple qui ne possédait plus aucun droit
politique depuis 40 ans, exigeait l’abolition des charges féodales et l’établissement de droits démocratiques.
Le Prince Alois II fit d’importantes concessions, sans répondre cependant aux attentes du peuple. Un
mouvement populaire obtint finalement l’abolition des corvées et des redevances féodales. Le terme de
bailli (Landvogt) qui qualifiait le premier officier princier fut remplacé par celui d’administrateur
(Landesverweser). Une assemblée constituante fut créée et chargée d’élaborer une nouvelle constitution.
Lorsque l’Assemblée nationale allemande se réunit à Francfort en mai 1848 pour élaborer une constitution,
les Liechtensteinois espéraient obtenir eux aussi plus de libertés et de droits fondamentaux. L’historien
Peter Kaiser était également présent à l’Assemblée de Francfort où il représentait le Liechtenstein.
Les tentatives de l’Assemblée nationale pour créer un État national allemand unifié échouèrent. Le retour
de l’absolutisme en Autriche eut également des conséquences sur le Liechtenstein. Le Prince Alois II
annula les concessions accordées en 1849 (Constitution provisoire) et rétablit la Constitution absolutiste
de 1818. Le retour à l’absolutisme paralysa l’évolution
du pays. Le Liechtenstein était économiquement isolé, car, à toutes les frontières, des barrières douanières
empêchaient les échanges économiques. Les Princes étant originaires d’Autriche et gouvernant les Liechtenstein
de Vienne, la conclusion d’un traité d’union douanière avec l’Autriche, tel qu’il fut signé en 1852,
s’imposait. Cet accord dont les clauses dépassaient celles d’un simple accord de libre-échange, garantissait
les recettes de l’État. Cette union rattachait le Liechtenstein au système monétaire autrichien et jetait
également les bases de l'évolution économique de la seconde moitié du XIXe siècle. Les manufactures
se développèrent, les premières usines virent le jour et la première banque, la « Spar- und Leihkasse
», fut fondée en 1861. Le Liechtenstein fut relié aux voies de communication internationales en 1872
lorsque les chemins de fer autrichiens inaugurèrent la ligne Feldkirch – Buchs. Le courrier était déjà
pris en charge par l’administration postale autrichienne depuis 1817. En 1911 fut signé un accord postal
autorisant le Liechtenstein à imprimer ses propres timbres. La
Première Guerre mondiale apporta des changements importants dans l’histoire de la petite Principauté.
Avec la chute de la double monarchie austro-hongroise en 1918, ce petit partenaire douanier, économique
et monétaire perdit son appui économique. Le Liechtenstein changea alors d’orientation et se tourna
vers son voisin de l’ouest, la Suisse. Dès 1919, il fut convenu que la Suisse assurerait la représentation
diplomatique et consulaire du Liechtenstein à l’étranger. Cet accord fut suivi en 1920 d’une convention
sur les services postaux. Le plus important des accords avec la Suisse, l’Union douanière, fut signé
en 1923 et entra en vigueur le 1er janvier 1924. L’intégration du Liechtenstein dans l’espace économique
suisse fut suivie en 1924 de l’introduction du franc suisse comme monnaie officielle au Liechtenstein.
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 Ruine de Château à Schellenberg
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